Circuit des bornes d’Altorf

Anneau rouge – Itinéraire circulaire – 6 km – 2 h 30

Départ

Parking de l’abbatiale Sainte Cyriaque

Parcours

Altorf > Lavoir > Bronnenplàtz > Birkenwàld > FermeForscholf > Altorf.

Informations sur le circuit

Tumulus

Points remarquables : Altorf

L’origine communément avancée du nom d’Altorf est la forme Alt-dorf (vieux village) dont l’ancienne graphie est encore visible avant la Seconde guerre mondiale.

Néanmoins, les graphies Altorf ou encore Altorfium/Atorfium (apparenté à Altum Coenobium) plaident plus vraisemblablement pour la racine latine altum

L’abbaye bénédictine d’Altorf

Stèle funéraire du IIIe siècle (Musée archéologique de Strasbourg).

 Altorf est située sur l’ancienne via romana, ou Bergstrasse, reliant Strasbourg au col stratégique du Donon. Des stèles funéraires du IIIe siècle attestent d’une présence romaine.

Rapidement, l’histoire du village se confond avec celle de son abbaye bénédictine, fondée en 960 par Hugues III d’Eguischeim, dit l’Enroué (Raucus), comte de Nordgau et sa femme la comtesse Hewilde. Son père, le comte Eberhard IVfut enterré dans l’abbaye en 972, scellant le lien entre la famille et Altorf1.

L’abbaye avait fait suite à une communauté cénobite, rapportée dès 787, l’Altum Coenobium, qui donna son nom à l’abbaye et au village.

Le pape saint Léon IX, issu de la puissante famille d’empire Eguisheim Dabo vint en 1049 à Altorf rendre hommage à ses ancêtres. Il consacra en 1079 un autel à saint cyriaque, qu’il dota de reliques (bras du saint, ramenée de Santa Maria Via Lata à Rome). Le reliquaire de style oriental représentant un buste en bois polychrome et portant notitia altorfensis, est une des pièces majeures de l’abbaye (seconde partie du XIIe siècle).

Cyriaque de Malaga, qui avait guéri l’épilepsie de la fille de l’empereur Dioclétien au IVe siècle, est depuis lors le saint-patron du village, célébré le 8 août. Altorf fut à ce titre lieu de pèlerinage pour les épileptiques et les envoûtés, avec de nombreuses guérisons rapportées dans les archives abbatiales au XIIIe siècle.

La chapelle fut consacrée peu après, en 974, sous la houlette de Maïeul, évêque de Cluny et de l’évêque de Strasbourg Erchembald. Tout comme les abbayes de Steige et Marmoutier, l’abbaye  d’Altorf fut très prospère du fait de ses nombreuses dépendances. Les églises de Barenbach et Grendelbruch, pourtant relativement éloignées, furent incorporées à l’ abbaye par la bulle de 1192 du pape Celestin III, impliquant notamment le rattachement des dîmes. En particulier, ses propriétés le long de la rive droite de la Bruche s’étendaient depuis le cours de la Rothaine jusque dans la plaine d’Alsace, mais furent rattachées à l’ évêché de Strasbourg en 1226 à l’extinction de la lignée des Eguisheim.

Par ailleurs, les empereurs donnèrent à l’abbaye le droit de battre monnaie (monnaie de Saint Cyriaque), ce dès le renouveau ottonien à la fin du Xe siècle. L’empereur germanique Fréric Barberousse lui reconnut explicitement ce droit par une charte en 1153. Ce privilège fut néanmoins transféré au XIIIe siècle à Dachstein, puis Molsheim. Le rayonnement culturel de l’abbaye conduisit à l’établissement d’une université (à ne pas confondre avec celle d’Altorf près Nuremberg), qui fut par la suite transférée à Molsheim dans le giron chartreux avant d’être également déplacée pour constituer l’université de Strasbourg.

La puissance économique et culturelle valut à Altorf quelques coups de sang : en 1262, le village et le couvent furent incendiés par des Strasbourgeois en révolte contre l’évêque Walter de Geroldsesek, en 1525 lors d’une jacquerie qui mit à sac l’abbaye (guerre des paysans) et enfin un siècle plus tard pendant la guerre de trente ansAns, avec notamment les présences suédoises et françaises.

En 1606, l’abbaye d’Altorf rejoignit l’union de Bursfeld qui comptait une centaine de monastères bénédictins, puis de manière formelle la congrégation bénédictine de Strasbourg en 1624 (regroupant les abbayes d’Ebersmunster et de Marmoutier en Alsace, ainsi que celles d’Ettenheimmünster, Gengenbach, Schuttent et Schwarzbach dans le pays de Bade).

Le quartier général des Rustaud

L’épopée des Rustauds (Bundschuh ou Deutscher Bauernkrieg) qui prit naissance un peu partout dans le Saint Empire en 1524, se cristallisa en Basse-Alsace autour d’Altorf, Dorlisheim et Boersch. Les chefs du mouvement Erasme gerber et Georg Ittel, respectivement de Molsheim et Roscheim, établirent avec une troupe de 1 500 hommes leur quartier général à Altorf, d’où la contagion gagna toute la province en une semaine avec des troupes pillant des couvents et rudoyant des juifs.

L’abbé Nartz rapporte ces faits dans sa monographie de 1887 :

« Dès les premiers jours d’avril, le Schulteiss de Rosheim, Ittel, se mit, avec deux bourgeois de Molsheim, à la tête du mouvement dans les campagnes. En peu de jours, il eut réuni une troupe de paysans forte de 1 500 hommes. Dans le nombre, il choisit des messagers, chargés de parcourir les environs, et de convoquer, pour la semaine de Pâques, dans la plaine d’Altorf, des hommes armés de boîtes et décidés à en finir avec la noblesse et le clergé. L’une d’entre elles, composée de campagnards d’Epfig et de Dambach, s’empara d’Ebersmunster et s’y établit ; la seconde se recruta plus proche de nous : rassemblée dans le Val de Villé, de Scherwiller à Saales, elle pilla le couvent de Honcourt et dévalisa ce qu’elle put. »

La révolte fut réprimée quelques semaines plus tard, le 20 mzi 1525, aux portes de Saverne par le duc Antoine de Lorraine, avec 18 000 morts du côté des insurgés.

La guerre de Trente Ans

La guerre de Trente Ans trouve son origine en Bohême avec la Défenestration de Prague (1618) : elle se propagea comme une traînée de poudre à partir de 1620 à l’ensemble du Saint Empire.

À cette occasion, des troupes suédoises menées par le maréchal Gustav Horn stationnèrent dans le village à l’automne 1632.

Engagées par le roi de Suède Gustav Adolphe dans le conflit politico-religieux européen en soutien aux princes allemands protestants, celles-ci pratiquèrent une politique de terreur envers les catholiques de la région (les paysans fuirent au cri de « Der Schwedt kommt », terrifiés par le « supplice suédois » ou Schwedentrunk, consistant en l’ingestion de purin jusqu’à étouffement). La population d’Altorf, quasi exclusivement catholique à cette époque, souffrit de cette présence au même titre que Molsheim ou encore Mutzig qui fut mise à sac en novembre 1632 avec l’aide des protestants du village voisin de Dorlisheim, qui mit à disposition des suédois des échelles pour contrer les remparts.

À cet égard, Altorf constitua un point d’ancrage dans la reconquête de la Contre-Réforme catholique, reconquête qui avait déjà été préparée par l’ouverture d’un collège de jésuites à Molsheim en 1580. Le style et la décoration de l’église sont à ce titre particulièrement caractéristiques, très semblables à ceux qu’on peut voir en d’autres terres habsbourgeoises (Vienne et Prague notamment).

L’épitaphe de l’abbé Matern rappelle qu’il réussit en 1686 à ramener les habitants de la commune de Duttleheim à l’Église romaine en les faisant quitter la « secte de Luther ». Cette période de guerre fut assurément difficile pour la population si on en juge par le fait que la riche abbaye dut mettre en gage la crosse abbatiale en 1637 et ne fut en mesure de la récupérer que vingt ans plus tard.

La bilan humain de la guerre de Trente Ans pour Altorf — et plus généralement pour l’Alsace — fut très sévère. Celui-ci fut encore aggravé par des résiliences de peste et la disette due à des hivers très rigoureux du petit âge glaciaire. L’impact démographique est probablement comparable à celui d’autres régions du Saint-Empire, comme le Wutemberg qui a perdu 80 % de sa population à la même époque.

La Révolution

En 1791, l’abbaye fut dissoute par les révolutionnaires, les treize bénédictins furent contraints de partir. L’abbé Cyriakus Spitz devint le dernier d’une succession d’abbés sur plus de 800 ans.

Le tympan roman sur la porte principale fut détruit ; il fut remplacé en 1886 par le sculpteur Eugène Dock.

Tous les bâtiments constituant l’abbaye, dont les dépendances, furent rasés au XIXe siècle hormis l’aile de l’abbé qui fit plus récemment office de presbytère.

Reconstruction de l’abbaye – Situation actuelle

L’abbaye et ses dépendances furent reconstruites à diverses reprises, notamment vers 1180 avec la construction d’une nouvelle abbatiale qui avait suivi des premiers travaux en 1133 commandités par l’abbé Otton.

Les travaux les plus notables restent néanmoins ceux des bâtiments conventuels et du transept à partir de 1715 par le maître baroque autrichien Peter Thumb, ainsi que la construction de l’orgue par André Silbermann en 1723 et, sur la période 1985-1991, une restauration complète lors du ministère du curé Henri Host.

L’église est protégée par les Monuments Historiques en 1932, inscrite en 1937 et classée en 1983.

En 2000, le linteau de la porte du village (Klostertor), endommagé en 1965, fut restauré. En 2001, la Grange de la Dîme (Zehntelschir) également, pour devenir une médiathèque. En 2004, les jardins de l’abbaye (hortus, herbarium, pomarium) furent restaurés, aménagés et ouverts à la visite du public.

Le lavoir

Le lavoir à 2 niveaux  accueillait la plus grande part des femmes du village alors que le lavoir utilisé par les femmes habitant à l’Est du village.

Le jour de lessive était principalement le lundi.Les lavoirs étaient utilisés jusque dans les années 1970

Banc reposoir

Banc en grès des Vosges appelé banc impératrice en  l’honneur de l’Impératrice Eugénie, épouse de l’Empereur Napoléon III.

Installés en Alsace à partir de 1853 sous des tilleuls au bord des chemins pour permettre aux paysans et voyageurs de se reposer.

Lors des haltes, les paysannes déposaient leurs fardeaux portés sur leur tête sur le linteau avant de s’asseoir sur la traverse inférieur

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