
Un banc-reposoir d’Alsace est une sorte de banc public construit en Alsace au XIXe siècle.
Les jours de marché ou de foire, paysans et surtout paysannes se rendaient dans les villes ou gros bourgs où se tenait un marché.
Lourdement chargés, ils y amenaient les produits de la ferme. Les paysannes portaient un panier sur leur tête protégée par un coussinet (der Wisch) rempli de son et de balles de blé.
Les paysans, quant à eux, charriaient leurs produits dans une hotte accrochée au dos par deux lanières de cuir. Lors des haltes, les paysannes pouvaient déposer leurs fardeaux sur le linteau puis se reposer sur le banc de la dalle inférieure, à l’ombre généralement de quatre tilleuls. De part et d’autre étaient dressées deux bornes qui permettaient aux hommes d’y déposer leurs hottes ou encore aux cavaliers de se remettre en selle.
Il existe en Alsace deux sortes de bancs reposoirs :
Bancs-reposoirs du Roi de Rome.
Ils ont été érigés en Alsace au cours des années 1811-1812, à l’initiative du préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia, pour commémorer la naissance de l’Aiglon (fils de Napoléon Ier et de son épouse Marie-Louise d’Autriche).
Bancs-reposoirs de l’Impératrice Eugénie.
Ils sont dus à l’initiative du préfet du Bas-Rhin Auguste-César West qui reprit l’idée de Lezay-Marnésia et concrétisa ainsi un vœu de l’Impératrice Eugénie de Montijo, en 1853, lors du premier anniversaire de son mariage avec l’empereur Napoléon III. Cette fois-ci, les frais d’achat et de taille des pierres sont pris en charge par le département. C’était un moyen fort habile pour inciter les communes peu enthousiastes après la grave crise économique, surtout alimentaire que connut l’Alsace de 1846 à 1848.
4483 de ces monuments commémoratifs en grès des Vosges sont construits le long des chemins et routes d’Alsace en 1854. Souvent mutilés par les intempéries, mais aussi et surtout par l’ingratitude des hommes, ils se dressent encore dans les campagnes.
